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La viande n'est pas reconnue comme une cause de cancer, selon l'OMS.

Le 18 septembre 2019

Les médias relaient l'information comme quoi la consommation de viande serait une cause de cancer. Que dit vraiment le rapport de l'OMS (Organisation Mondiale de la Santé) sur les liens entre la viande et le risque de cancer (lien en bas de l'article) ?

Seules les viandes transformées seraient une cause de cancer

Dans la catégorie des viandes transformées, selon l'OMS, on trouve les hot-dogs (saucisses de Francfort), le jambon, les saucisses, le corned-beef, les lanières de boeuf séché, de même que les viandes en conserve et les préparations et les sauces à base de viande. 

La consommation de viande transformée a été classée comme cancérogène pour l’homme (Groupe 1). Cette évaluation se fonde généralement sur des études épidémiologiques montrant le développement du cancer chez les personnes exposées. Dans le cas de la viande transformée, cette classification se fonde sur des indications suffisantes provenant d'études épidémiologiques de ce que la consommation de viande transformée provoque le cancer colorectal chez l’homme. Mais elle ne serait pas une cause d'autres types de cancer.

La viande transformée a été classée dans la même catégorie que d’autres causes de cancer, comme le tabagisme et l'amiante, mais cela ne signifie pas pour autant qu'ils sont tous aussi dangereux. Les classifications du CIRC décrivent la force des données scientifiques sur un agent comme étant une cause de cancer, mais n'évaluent pas le niveau du risque.

Viande rouge et viande blanche ne sont pas citées comme cause de cancer

Pour l'OMS, la viande rouge fait référence à tous les types de viande issus des tissus musculaires de mammifères comme le boeuf, le veau, le porc, l’agneau, le mouton, le cheval et la chèvre. 

La consommation de viande rouge a été classée comme probablement cancérogène pour l’homme (Groupe 2A). Cette classification se fonde sur des indications limitées provenant d'études épidémiologiques montrant des associations positives entre la consommation de viande rouge et le développement d’un cancer colorectal. "Indications limitées" signifie qu'une association positive a été observée entre l'exposition à la consommation de viande rouge et le cancer, mais que d'autres explications pour ces observations (techniquement désignées par les termes de hasard, de biais ou de facteurs de confusion ) ne pouvaient être exclues.

Les risques de cancer associés à la consommation de volaille et de poisson n'ont pas été évalués par l'OMS.

Cela signifie que les gens qui consomment une quantité plus importante de viande rouge ont probablement d'autres comportements qui, eux, seraient des causes de cancer. 

Lutter contre les autres causes de cancer est bien plus urgent

L'OMS rapporte que, selon les estimations les plus récentes du Global Burden of Disease (GBD) Project (fardeau mondial de la maladie), organisme de recherche universitaire indépendant, 34 000 décès par cancer par an environ dans le monde sont imputables à une alimentation riche en viandes transformées. L'OMS considère cette augmentation du risque de cancer comme "légère".

Ces chiffres contrastent avec 1 million de décès par cancer par an environ à l'échelle mondiale imputables à la consommation de tabac, 600 000 à la consommation d'alcool, et plus de 200 000 à la pollution atmosphérique.

Aller chercher l'info à la source

L'information en nutrition étant très abondante, la population a rarement le temps d'aller lire l'étude ou le rapport dont parle un article de journal. En cette période de "viande-bashing", tous les prétextes sont bons pour accuser la consommation de viande de tous les maux. Dans le cas du cancer, l'information répandue dans les médias est "la viande donne le cancer". Alors qu'en réalité, le rapport de l'OMS n'a vraiment trouvé de lien que pour les viandes transformées, et uniquement pour le cancer colorectal. Le rapport précise bien que la diminution de la consommation de viande transformée n'aurait que peu d'effet en terme de mortalité par cancer au niveau mondial. Et l'OMS indique aussi qu'elle ne sait pas par quel moyen la charcuterie pourrait créer des cellules cancéreuses. On peut donc imaginer que des molécules venant d'autres aliments ou de l’environnement, pourraient interagir avec les molécules apportées par les viandes transformées. Il faut garder en tête que les cancers sont le plus souvent multi-factoriels. Par exemple, tous les fumeurs ne développeront pas un cancer dans leur vie. Et certains cancers sont plus fréquents chez les gens qui associent tabac et alcool, que chez les fumeurs qui ne consomment pas d'alcool. 

Docteur Damou, médecin nutritionniste à Rouen

Lien vers l'article de l'OMS : "Cancérogénicité de la consommation de viande rouge et de viande transformée"